Paludisme : Distribution de nouvelles moustiquaires | Direction Générale du Trésor

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Paludisme : Distribution de nouvelles moustiquaires

Paludisme : Distribution de nouvelles moustiquaires

 

Un nouveau type de moustiquaires permet de réduire de 12% le nombre de cas de paludisme clinique. D’après les informations publiées par le site scientifique spécialisée scidev.net, cette moustiquaire à double imprégnation associe pyriproxyfène, un régulateur de croissance des insectes et perméthrine, un insecticide pyréthroïde, tous deux incorporés dans des fibres de polyéthylène. L'étude et l’expérimentation de cette moustiquaire sont le fruit d'une collaboration entre scientifiques de l'Université de Durham (Royaume-Uni), du Centre national de recherche sur le paludisme (Burkina Faso), de l'École de médecine tropicale de Liverpool et de l'Institut de santé publique et tropicale suisse (Suisse).

Les résultats sont probants. Outre la réduction du nombre de cas de paludisme clinique, les chercheurs ont établi que les enfants qui dormaient sous les nouvelles moustiquaires étaient à 52% moins susceptibles d’être modérément anémiques que ceux qui se protégeaient avec une moustiquaire classique.

D’après Steve Lindsay, chercheur à l'Université de Durham, « cette étude est importante, car la lutte contre le paludisme en Afrique subsaharienne a stagné, en partie parce que les moustiques s’adaptent et deviennent résistants aux insecticides à base de pyréthroïdes utilisés pour traiter les anciennes moustiquaires ». Au cours de l'étude, les moustiquaires conventionnelles dans 91 villages de la région ont été remplacées par des moustiquaires contenant de la perméthrine et du pyriproxyfène. Ce dernier composé est une sorte de leurre hormonal, qui force la larve des insectes à rester à ce stade, en inhibant la métamorphose et l'embryogenèse, l'empêchant ainsi d'atteindre la maturité sexuelle.

Vu que les produits utilisés constituent une nouvelle association chimique destinée à une utilisation grand public, les chercheurs insistent expressément sur leur innocuité. Les chercheurs affirment que le pyriproxyfène n’est pas en soi un nouveau composé chimique. C’est son usage pour une double imprégnation associant la perméthrine qui est novateur. Par ailleurs, le pyriproxyfène a été largement utilisé dans l’agriculture et dans d’autres contextes pour lutter contre les insectes. Son innocuité a été prouvée lorsque l’utilisation obéit aux doses recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Toutefois, il reste qu'au regard des résistances passées développées par les moustiques, on peut s'interroger sur les capacités de la nouvelle association thérapeutique de tenir tête à une nouvelle résistance. Cependant, associer ces deux composés (pyriproxyfène et perméthrine) qui ont deux mécanismes d’action complètement différents est une approche novatrice qui permettra de prévenir, sinon de retarder au maximum l’émergence d’une résistance. Les chercheurs ont travaillé en collaboration avec un partenaire industriel japonais, Sumitomo Chemical, spécialisé dans la production et la commercialisation des moustiquaires.

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